Abilio Diniz, un séducteur à la conquête de Carrefour

Abilio Diniz, un séducteur à la conquête de Carrefour

Un homme puissant au Brésil

Luiz Inácio Lula da Silva, qui n'est autre que l’ancien président du Brésil, comptait Abilio Diniz (http://www.lefigaro.fr/societes/2015/09/24/20005-20150924ARTFIG00397-abilio-diniz-un-seducteur-a-la-conquete-de-carrefour.php) au sein de son cercle d'amis. Disposant d'une fortune estimée à environ 3,7 milliards de dollars, l'entrepreneur est la 10e fortune du Brésil, d'après "Forbes". Avec pour buts d’améliorer la performance des prestations publiques et de rendre concurrentielles les sociétés brésiliennes, la Chambre de Politique et de Compétitivité et gestion accueille l'entrepreneur au cours de l'année 2011. Abilio Diniz est dorénavant l’une des personnalités ayant le plus de poids du Brésil.

Une jeunesse à Sao Paulo

Abilio Diniz a vu le jour le 28 décembre 1936 à Paulo au Brésil. Il a appris les arts martiaux dans le but de ne plus être un souffre-douleur. Au milieu des années 1950, le jeune homme intègre l’école de management de la Fondation Getùlio Vargas dans sa ville natale. Il en sort diplômé. Petit, Abilio Diniz a souffert de la cruauté des gosses de son entourage.

De la boutique familiale au groupe GPA

Au milieu des années 70, Abilio Diniz s'entretient avec les créateurs de Carrefour. Il prend exemple sur leur succès pour développer le groupe Pão de Açúcar. Dès la fin des années 1950, son père estime déjà que le commerce trouvera son avenir avec les supermarchés. Le père d’Abilio Diniz inaugure sa toute première boulangerie sur une artère fréquentée de la ville de São Paulo. En rapport avec le Pain de Sucre à Rio, la boutique familiale est appelée Pão de Açúcar.

Un patron qui a traversé les crises

Le groupe GPA géré par Abilio Diniz fait face à de graves complications financières au cours des années 90, alors que le pays connait une crise économique sans précédent. le chef d'entreprise est pris en otage par un groupuscule "d’extrême gauche" au cours de la présidentielle de 1989. Délivré au bout de 7 jours, l’homme restera marqué à jamais par cette expérience. Le plan de sauvegarde sévère mis en place par Abilio Diniz permet de préserver le groupe, qui ferme un tiers des grandes surfaces, congédie 20 000 salariés et vend son activité dans la péninsule lusitanienne.

Ancien goal, ayant aussi pratiqué la musculation, la boxe et la capoeira, Abilio Diniz est un athlète accompli qui débute chaque jour par un entraînement sportif. Fondateur de l’équipe d’Audax, dont le but est de détecter les jeunes potentiels, l'entrepreneur fait par ailleurs partie du groupe de consultation du São Paulo Futebol Clube. Abilio Diniz se revendique comme acteur d’un "capitalisme responsable", un courant lancé aux USA et qui prône le contentement et la stimulation des collaborateurs dans l’entreprise.

A l'automne 2013, un accord conclu avec le groupe français donne la possibilité à Abilio Diniz d’être libéré de sa clause de non-concurrence et de pouvoir prévoir des investissements dans tous les secteurs économiques. Au début des années 2010, il projette de transformer son groupe en numéro deux mondial du secteur de la grande distribution en fusionnant le groupe GPA avec Carrefour Brésil. Le recul de la Banque Brésilienne de Développement mais aussi l'opposition de Jean-Charles Naouri entrainent l'échec de la fusion de Carrefour Brésil avec GPA. Dès 2012, Casino est actionnaire majoritaire de Grupo Pão de Açúcar. C’est le divorce puis le départ d’Abilio Diniz du conseil d’administration quelques semaines plus tard.